Penser est une chose redoutable

Revue ZNAK (Cracovie), n°712, septembre 2014

Penser est une chose redoutable

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L’homme se reconnaît à ce qu’il est doté d’une conscience individuelle : il peut penser par lui-même. C’est la faculté essentielle, et en même temps redoutable. S’en servir, requiert de s’exposer à mille périls.

Toutes les cultures relèvent la grandeur de la pensée personnelle et les dangers qu’elle déchaine. Je ne citerai que deux exemples anciens. D’abord le plus connu de nous : les personnages d’Antigone et de Socrate, l’un et l’autre mis à mort pour avoir pensé différemment. Et le fait qu’Antigone soit une petite fille, fragile et probablement anorexique, marque d’un signe plus éclatant encore la capacité d’un humain, même le plus frêle, à penser par soi-même et contre tous. Le second exemple est plus lointain dans l’espace, et justement il marque l’universalité de cette idée.

Li Tcheu, lettré chinois du XVI° siècle, ose rassembler et analyser à sa façon des textes historiques sans l’autorisation du pouvoir. Il écrit ainsi deux livres, qui ont pour nom le Livre à brûler et le Livre à cacher. Ces ouvrages bien sûr sont interdits, et l’auteur finit par se suicider en prison, après avoir écrit dans un texte appelé Regard ému sur ma vie : « j’ai souffert tant d’avanies, j’ai tant été brimé que changerait-on toute la terre en encre noire, cela ne suffirait pas pour écrire le récit de mes malheurs ». Voilà le courage de penser, et cela n’existe pas qu’en Occident[1].

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C’est dans la culture judéo-chrétienne que la pensée personnelle devient, non seulement un fait de nature, mais une nécessité morale. On pourrait pour le montrer, recourir aux beaux passages de Paul sur l’homme intérieur. Que nous soyons, chacun de nous, dotés d’un homme intérieur, celui qui pense par lui-même et dans le secret, cela nous grandit et en même temps nous angoisse en nous écartant de la communauté des hommes.

Car l’homme intérieur n’est pas cet esprit qui baguenaude et s’amuse à faire du verlan avec les concepts… Libre de penser, il n’est pas libre au sens du tout est possible, au sens où il aurait la possibilité de penser n’importe quoi. Je veux dire que « penser » ne s’identifie pas à « imaginer ». On ne peut penser le monde comme on écrirait un roman de fiction – ce que croient les courants nihilistes, depuis Diogène jusqu’à Michel Foucault en passant par Sade, par exemple.

Dans la vie de l’action, la liberté n’est rien d’autre que le choix de la responsabilité. Dans la vie de l’esprit, la liberté signifie la quête éprouvante de la vérité. L’esprit libre, c’est l’esprit disponible pour la vérité. Démarche qui requiert du courage. Augustin écrit dans Les Confessions[2] : « les hommes aiment la vérité quand elle se découvre à eux ; et ils la haïssent quand elle les découvre eux-mêmes ». C’est dire à quel point la vérité est dangereuse : on voudrait bien qu’elle n’éclaire pas tout ; mais cet éclat de lumière, on ne le maîtrise pas (même si beaucoup s’y essaient).

A quoi peut bien servir un intellectuel, sinon à chercher la vérité ? La quête de la vérité rend libre, car elle libère de toutes les certitudes imposées par les pouvoirs, par les habitudes, par les préjugés. Nous sommes des mendiants de la vérité, et c’est le meilleur destin que nous puissions avoir, puisque dès lors nous échappons aux arbitraires et aux particularismes de tous ordres.

Le statut de sujet autonome impose de se retirer pour pouvoir vraiment penser. Un esprit libre conserve intact la capacité de ce retirement, de cette prise de distance, dans laquelle s’opère le « libre examen ». C’est bien pourquoi les dictatures et toutes les formes d’ordre moral cherchent à maintenir le plus possible les individus en foules et en masses, afin d’empêcher cette prise de distance. En ce sens, une démocratie bien comprise s’appuie sur des esprits libres, dont la solitude est symbolisée par l’isoloir. Il lui faut quitter sa communauté pour penser. En ce qui concerne la pensée, chaque esprit est le gardien intime de la recherche du vrai, lequel est universel. Comme, par ailleurs, la recherche du vrai réclame en général l’abandon d’autres biens désirables (par exemple la réputation), ce n’est pas au centre du Pouvoir, là où gisent la puissance et la gloire, que peut s’élaborer la recherche du vrai. Kant fait remarquer à juste titre que la participation au pouvoir écorne nécessairement la liberté de jugement. Penser est un sacrifice.

La marginalité, qui est une faiblesse pour les sociétés politiques, un fardeau ou une fierté pour l’artiste, une défaite pour l’acteur économique, représente au contraire la dignité de l’esprit, qui déploie toutes ses capacités par la mise à distance.

 

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La pensée personnelle est chez nous établie dans ses droits, et même couronnée,  parce qu’elle entre dans le cadre d’une religion de la parole (et non d’une religion du Livre), du logos, du dialogue : les hommes sont des herméneutes, des interprètes de la création. La vérité est toujours incertaine : il faut donc se risquer pour l’incertain – la pensée se met en jeu pour le fragile et le douteux. D’où l’audace. D’où le danger. Salto mortale, disait Jacobi.

C’est ce salto mortale qui permet l’avènement de la démocratie. Si la vérité sur le bien commun n’était pas flottante, il n’y aurait pas besoin de débats, et une bonne autocratie, ou une technocratie, suffiraient au gouvernement des sociétés. 

C’est ce salto mortale qui permet le développement de la science par la sortie de la pensée toute faite – Bachelard : le confort des préjugés et des habitudes de pensée. Koestler a bien raconté dans Les somnambules à quel point les premiers scientifiques étaient méprisés et chahutés. Il appelle le texte de Copernic le livre que personne n’a lu. Les exemples seraient légions. On se souvient que Mendel, inventeur génial de la génétique, donnait des conférences devant un public qui baillait et l’oubliait aussitôt. L’opinion commune n’aime pas la nouveauté.

Cette culture qui récuse les fatalités et les certitudes, se trouve constamment en situation d’abandon de soi – « Un homme vraiment libre, disait Valéry, ne tient guère à ses opinions » : il peut accepter facilement de les abandonner si la vérité lui semble s’imposer contre elles. De même qu’il a abandonné les préjugés. D’où l’intranquillité, quasiment consubstantielle, et cet inconfort permanent qui est le sien.

C’est l’anthropologie de l’Homme intérieur qui va permettre l’avènement des Lumières. Penser par soi-même, c’est sortir du holisme. Dans les sociétés holistes, seuls quelques uns en sont capables (Socrate). Mais le judéo-christianisme inaugure une anthropologie dans laquelle tous sont censés capables de penser par eux-mêmes.

Dans l’opuscule « Qu’est-ce que les Lumières ? », écrit en 1784, Kant décrit les Lumières comme le processus par lequel l’esprit humain sort de sa minorité pour se servir par lui-même de son propre entendement. Et reprend la parole d’Horace : Sapere Aude ! Ose penser par toi-même ! Il défend la thèse de l’époque : ce processus représente l’accomplissement d’une vocation de l’esprit humain, vocation encore enfouie auparavant et demeurée à l’état de virtualité : « la vocation de chaque homme est de penser par soi-même ». Autrement dit : l’esprit humain a vocation à rechercher la vérité par lui-même, dans la solitude, et non pas dans l’ombre des maîtres-à-penser. S’il ne veut pas user de sa raison de façon passive, il lui faut s’éloigner des discours déjà construits et du prêt à penser des clercs, dont aucune société n’est exempte. Dans la Critique de la faculté de juger [3], Kant apporte des précisions sous formes de maximes. Outre qu’il « pense par lui-même », l’esprit libre est capable de « penser en se mettant à la place de tout autre », autrement dit, il peut emprunter tous les points de vue afin de mieux quêter la vérité –alors que la pensée dominante énonce des jugements tout faits sans prendre garde aux situations. Et seule sa distance peut lui permettre cette ubiquité temporaire. Enfin, il pense « en accord avec soi-même », c’est à dire qu’il veille à vivre comme il pense, ce qui est impossible quand le jugement est hétéronome, car la vie, elle, a ses propres exigences. La « pensée sans préjugés » (penser par soi-même) se libère des centres de Pouvoir où certaines instances pensent pour tous. La « pensée élargie » (penser en se mettant à la place de tout autre) est capable de partir de tous les points de vue, et non pas seulement du point de vue central. La « pensée conséquente » (penser en accord avec soi-même) se considère elle-même comme le centre de sa pensée et de son action coordonnées.

Les Lumières correspondraient à l’apparition progressive d’un sujet pensant, d’un esprit capable de penser hors la pensée commune. Si ce type d’esprit a toujours existé, quoique de façon plutôt exceptionnelle, la modernité consacre cette capacité comme le propre de l’humanité adulte : Vivès et Comenius écrivaient déjà au XVII° siècle que tous doivent pouvoir apprendre à penser par eux-mêmes, car tous ont vocation et capacité à être non seulement des personnes dignes, mais des sujets autonomes.

Pourtant les difficultés sont grandes, de quitter le cocon clos et chaud de la vulgate commune. Penser par soi-même est redoutable. C’est à reculons qu’on s’y avance. Le désir secret n’est-il pas de retourner en arrière, vers le pays du prêt-à-penser…

 

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Rien ne nous permet d’espérer que les Lumières ont délivré la pensée personnelle des menaces qui pesaient sur elles. Au moment où les régimes autocratiques s’estompent et où se déploient les démocraties, c’est l’opinion majoritaire qui va pour ainsi dire prendre la place de l’autocrate pour imposer à l’individu une manière de voir. Nous vivons donc ce paradoxe : à une époque où personne n’est tenu d’adopter les certitudes de son père, de son Eglise, de son Etat, les esprits sont pourtant plus moutonniers que jamais. Alors que, pour la première fois dans l’histoire peut-être, il est permis de tout penser, on s’aperçoit que les esprits entonnent presque tous le même air….

Tocqueville a décrit ce phénomène longtemps à l’avance, dès l’apparition de la démocratie moderne en Amérique : dans les Etats démocratiques, dit-il « la majorité possède un empire si absolu et si irrésistible, qu’il faut en quelque sorte renoncer à ses droits de citoyen, et pour ainsi dire à sa qualité d’homme, quand on veut s’écarter du chemin qu’elle a tracé »[4].

Que s’est-il passé ? On dirait que l’individu ressent une difficulté réelle non pas vraiment à penser par lui-même, mais plutôt à assumer sa propre pensée : à assumer d’être éventuellement seul avec son opinion. C’est pourquoi il préfère le plus souvent abandonner son opinion pour rejoindre le groupe.

La solitude de la pensée est sans doute la plus inconfortable des solitudes. Et la vie quotidienne la repousse communément, sous toutes formes de procédés et par toutes formes d’alibis. Simone Weil, se demandant comment certains ont pu obéir à des ordres terribles, explique cela par cet intime besoin de demeurer à l’unisson du groupe[5].

Nos pensées sont grégaires. Ce grégarisme, qui ne se dit pas, rassure en secret. La mode du vêtement représente une fatalité dérisoire, à côté de cette mode de l’idée, où les époques plus tard se repèrent et se reconnaissent, mais qui ne se sait pas au moment même.

La plupart ont horreur de l’incompréhension. Et de la même manière que nous sommes parfois prêts à acheter la paix par tous les moyens même les plus honteux, nous achetons l’entente de l’intelligence par des concessions à la pensée dominante. En ce sens, le terrorisme intellectuel pèse plus lourd que n’importe quel terrorisme politique, parce qu’il s’ignore lui-même et se diffuse sans violence reconnue. Beaucoup adhèrent aux soi-disant évidences du consensus, sans les avoir réfléchies, et encore avec une espère de gratitude.

Malgré l’individualisme et peut-être à cause de lui, les hommes continuent d’aspirer à la communauté de pensée. Et ils la réalisent par l’intimidation, parce qu’ils ont banni la terreur physique et la violence. Kravchenko ne fut pas contraint de boire la cigue comme Socrate, mais il fut poursuivi par la vindicte des autorités intellectuelles et morales. Ce qui représente un ostracisme pire, car Socrate sauva son honneur en échange de sa vie, mais Kravchenko perdit son honneur en apparaissant comme un menteur avéré aux yeux de toute l’intelligentsia, lors même qu’il avait raison. Quoiqu’on dise, la société holiste de la conscience diffuse recueille en secret tous nos suffrages. Et le rejet des inquisiteurs s’accompagne d’une inquisition plus ténébreuse encore, puisqu’elle agit sous des formes déguisées, qui ne se sentent pas. La conséquence la plus remarquable de cette situation, est que la solitude de la pensée devient plus rare et plus ardue qu’auparavant, car on ne s’oppose guère qu’à la contrainte exprimée, et le consensus moderne demeure flou et se pare des couleurs attrayantes de la liberté d’opinion.

Comment comprendre cela ? On pourrait poser la question de La Boétie : Pourquoi ne se libèrent-ils pas ? D’autant que la pensée conforme n’annonce aucune source, ne se réclame de personne, s’assène hors tout fondement. Pire encore, elle se cache derrière son contraire, la liberté de pensée. Tout se passe comme si une pensée convenable, affichée par les médias, représentait le seul lien qui demeure entre les individus séparés.

L’uniforme de l’esprit exprime l’importance du lien. Se singulariser ici, ce serait s’isoler encore davantage.

 

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Le bouffon de Kolakowski est celui qui exerce « une vigilance contre tout absolu ». Il a pour objet de « démasquer comme douteux ce qui se donne pour intangible » et de « voir si les idées opposées n’ont pas raison ». Il cherche la raison chez les adversaires. La bouffonnerie est esprit de dérision. Elle est essentielle à l’intellectuel, puisque celui-ci critique le monde et la société, puis opère une critique de sa critique. 

Cela ne signifie pas qu’il suffise de s’opposer à la vulgate commune pour véritablement penser. Il serait trop simple de croire que le centre officiel a toujours tort, et que la contradiction vaut raison. L’anti-conformisme de principe est encore un conformisme, et celui qui dit toujours non est prisonnier de son refus, qui l’empêche précisément de penser. Si le bouffon devient prêtre de sa bouffonnerie… alors il faut le dénoncer comme imposteur.

Bien des intellectuels au XX° siècle ont failli à leur mission en servant de cerveaux à des parodies de projets politiques.

Dans « Intellectuels contre l’intellect » (1972), Kolakowski retrace de quelle manière beaucoup d’intellectuels se sont laissés prendre aux sirènes du totalitarisme. Il est même troublant de constater à quel point les intellectuels (ceux qui devraient précisément être des remparts) se précipitent souvent les premiers au service des tyrannies. Ce fait historique représente, à mon sens, l’argument principal en faveur de la démocratie. Depuis Platon en effet, les anti-démocrates arguent que les classes populaires, peu cultivées et peu expérimentées dans les affaires du monde, ne prendront pas les bonnes décisions. Mais quand on regarde les moments cruciaux de l’histoire, on s’aperçoit, par exemple, que Heidegger et Carl Shmitt sont allés s’inscrire le même jour au parti nazi, et que dans un pays comme la France, par exemple, jusqu’en 1989, environ 95% des intellectuels étaient marxistes, marxisants ou apparentés – et la suite de l’histoire montre bien que des deux côtés ces élites se trompaient lourdement (en France, au même moment, les classes populaires ne votaient jamais massivement pour des marxistes), ce qui prouve bien que la possession de grands diplômes n’est pas un indice de jugement politique. 

Après 89, les pays d’Europe centrale émergaient de cette société anéantie, et nous émergions, à l’Ouest, de cette pensée anéantie. Nous possédions encore un monde (parce que le système n’avait pas été essayé chez nous) mais privé de légitimité. Le marxisme a joué chez vous le rôle d’une bombe atomique sociale, chez nous, le rôle d’une bombe atomique spirituelle. En 1990, un dessin humoristique tchèque montrait un homme affolé dans une cabine téléphonique : « Police ! On vient de me voler quarante années de vie ! ». On nous a volé quarante années de pensée. Toutes nos significations ont été confisquées pour laisser place à la vulgate omniprésente. Bien des pensées sur lesquelles repose notre monde ont été bannies, ridiculisées, identifiées à celles d’adversaires diaboliques. Tous les courants de pensée qui pouvaient guider la sortie des idéologies, comme le personnalisme, l’ordo-libéralisme, ont été laminés pour ne laisser place qu’au courant dominant et à ses ennemis diaboliques, qui lui servent de faire-valoir. Pendant longtemps nous ne pouvions être que marxiste ou fasciste, aujourd’hui encore nous ne pouvons guère être que socialiste ou ultra-libéral.

Or penser en-dehors de la vulgate est une chose redoutable. Nous avons le droit – et même le devoir- de dénigrer les tyrannies passées, celles que le Pouvoir désigne à la vindicte. Mais il est tout à fait mal vu de dénigrer les oppressions intellectuelles présentes. A propos du courage de penser, Chesterton écrivait dans Le monde comme il ne va pas : « De nos jours nous voyons mentionner le courage et l’audace avec lesquels certains rebelles s’en prennent à une tyrannie séculaire ou à une superstition désuète. Ce n’est pas faire preuve de courage que de s’en prendre à des choses séculaires ou désuètes, pas plus que de provoquer sa grand-mère. L’homme réellement courageux est celui qui brave les tyrannies jeunes comme le matin et les superstitions fraîches comme les premières fleurs ».

 

 

Les intellectuels qui pendant des décennies ont proféré et répandu des mensonges sur tous les continents, doivent répondre de l’abêtissement de plusieurs générations. Cette entreprise a été menée par la seule haine de partisans déguisés en intellectuels. Autrement dit, par la pire des tromperies : celle des esprits enchainés qui se faisaient agréer comme des esprits libres, et ainsi, recueillaient la confiance naïve de leurs concitoyens.

J’en viens donc pour finir à l’affirmation de Kolakowski : il faut prendre les idées au sérieux. Qu’est-ce que cela veut dire ? Les idées vivent. Le courage de penser c’est aussi le courage d’assumer l’action qui vient derrière.

Bernanos disait : « les idées font du vent, et le vent pousse le monde ». Les idées ne sont pas décoration, fioriture, du bruit. La pensée a du poids. Il ne faut pas croire les idées innocentes, ni les prendre pour des bulles de savon jetées en l’air. Le mensonge tue. Les pensées et les paroles ont une vie propre. Dès qu’elles se déploient dans l’atmosphère, elles contribuent à façonner l’avenir.

On peut dire en dernier lieu que penser est une chose redoutable, parce que nous sommes responsables des mondes que la pensée suscite, nourrit et déploie.

 

 



[1] Jean-François Billeter, Contre F. Julien, Allia, 2007, p.119

[2] X, XXIII

[3] paragraphe 40

[4] Tocqueville : Démocratie en Amérique, I, II, 7 

[5] Lettre à Georges Bernanos

2014-11-16T17:53:18+00:0016 novembre 2014|Philosophie Politique, Toute catégorie|